lundi 31 décembre 2012

Le résultat

Une trace de doigts sur la vitre propre tout autour, dans la main un couteau aiguisé, des fruits, des photos mais pas d'avion, il fait trop chaud pour la saison, c'est étrange, tu ne devais pas venir et pourtant j'entends le bruit de tes pas qui m'empêche de lire, je ne te vois pas malgré la transparence de la vitre tachée, longtemps qu'il n'y a plus eu ici la lumière d'un soleil, aveuglé, la beauté n'existe pas s'il n'y a pas la laideur, c'est étrange les rapports que nous entretenons, et ceux que nous n'entretenons pas, je n'ai pas entendu ta question et pourtant je réponds à quelque chose, égocentrique, une toupie, vacillante par manque d'élan dans une côte trop forte, tu comprends, il faut essayer quoiqu'il en soit il faut essayer, le résultat, quoi, le résultat.

jeudi 27 décembre 2012

mercredi 26 décembre 2012

Traversé, dans le mélange, par le mélange de ce que nous sommes ensembles et ce que je suis seul, un dérangement, une absence, le vent, je ne suis pas venu pour te demander et encore moins pour pleurer, pour voir et entendre c'est pour ça que je suis venu, malgré les manques et les colères, malgré la vie et la guerre, malgré l'amour et la chaleur, j'attends l'été pour enfin trouver une bonne raison de m'en aller, dans la lumière aveuglante des jours où l'on s'embrasse insouciants de ce qui précède et des cris des enfants, je voulais partir mais je suis resté et c'est difficile de n'en vouloir à personne quand on a pas le courage de s'en vouloir à soi-même dans les caresses adoucissantes des jours avant de se jeter contre le mur rugueux des paradoxes, il y a la mort, il y a la mort.

vendredi 21 décembre 2012

La vie

La vie dans le fond des yeux d'un oiseau, la vie au bord, dans un gémissement, entre les cuisses, la vie, sur le toit d'une usine sans ouvrier, la vie que je crie face aux murs que je tente de détruire, la vie dans la main qui saigne de la douleur, la vie comme du sable dans la bouche, aiguise-moi pour que je tranche enfin dans la vie, crache le sang aux coins d'une rue, des culs précédés par le bruit des talons, la vie des femmes différentes apparemment de celle des hommes, la vie sépare, un échangeur assourdi des klaxons des voitures, je te mettrais bien un poing dans la gueule mais je n'en ai jamais trouvé le courage, la vie dans la peur des conséquences, immobile et mortel, la vie que je ne rêvais pas, la vie parce qu'il faut bien, des injures par les fenêtres, la vie des pigeons qui ne connaissent pas la migration, le claquement des corps qui tentent de la sentir, la vie, tu te racontes, tu te racontes pendant que les autres dorment, les travers, des voitures accidentées, des amours violentés, des figures défigurées de ce qu'elles ont à cacher, la vie comme une gifle les yeux ouverts, sur un quai de gare quand on promet de ne jamais revenir, la vie alors que l'on ne veut pas partir, un bassinet d'eau froide dans lequel le chien vient boire, de l'inox, la vie froide d'un glaçon dans de le liquide bouillant, tu claques des dents, la vie je ne peux rien faire de plus, la vie.

mercredi 19 décembre 2012

Cherche toujours...


La peur de lâcher confrontée à la volonté de trouver, un effacement, une continuité peut-être, les jours se suivent.

mardi 11 décembre 2012

mardi 4 décembre 2012

Matin

Il ne faut pas pleurer, et pourtant lui il en crevait d'envie.

lundi 3 décembre 2012

La question

Qu'avais-tu à demander, je n'ai pas entendu ta question, un moment de distraction peut-être, une indisponibilité, je n'entends plus ta voix mais une succession de sons issue de ta bouche qui articule, un grondement, inaudible dans le vacarme du bruit sourd de la peur qui accompagne le quotidien, je ne peux pas perdre le peu qu'il me reste, je ne t'entends pas parce que je mets tant d'énergie à ne pas glisser, tant d'énergie dans ce coups par coups, comme si nous nous baisions au jour le jour sans se souvenir des corps mélangés sur la scène, sans voir le sang qui gicle, des bites et des chattes au grand jour dans la purulence des champs de bataille, je ne t'entends pas, pourquoi tu te tais, tu n'aimes pas ces mots que j'utilise, mais ils résonnent tellement que je n'entends pas ta question, dans le rouleau du bout il y a des images assourdissantes, des cris de poésie, des bouches ouvertes, des poissons qui n'ont plus le courage de remonter le courant, je n'entends plus, l'éloignement, la dérive de l'énergie nécessaire à continuer ce que je n'avais pas encore fini, prendre soin de moi pour enfin prendre soin de toi, ils marchent dans les rues brandissant des panneaux gravés de slogan, il n'y a plus de révoltes parce que trop d'usures, je n'entends pas ta question parce que je cherche à sauver ma peau, je ne cherche pas à comprendre, je ne veux pas comprendre, je ne veux plus comprendre ta douleur, la mienne est trop forte pour arriver à considérer la tienne, et puis surtout c'est la mienne, elle m'appartient, mon étendard, le moteur de la colère excusable grâce à toute cette souffrance, bafoué sans inscrire, plus de tentatives, des constats stériles pour construire ma forteresse, mon lopin que j'encercle, ma propriété, il ne nous restera bientôt que cette colère pour continuer sur une ligne d'horizon chaotique au milieu des bombardements, je n'entends pas ta question mais je te demande de ne pas m'en vouloir de voir l'autre comme mon ennemi, la fracture de la haine, la délation refait surface, dénoncer pour ne pas être dénoncé, juger pour ne pas être jugé, pleurer de ces yeux aveugles à toutes ces images, à l'urgence de toute cette chair éparpillée, les êtres sont devenus une écharde dans le doigt du monde infecté par le profit, la douleur se répand comme une traînée de poudre, l'opulence et la prétention, objectif, à court terme, la vie se meurt dans la sauvegarde économique des valeurs futiles, nous avons perdu de vue l'indispensable, le liant, l'humanité nécessaire, je suis coupable comme tant d'autres de ne pas entendre ta question.
Les distances s'élargissent et je ne veux rien retenir. Aujourd'hui même la vie est bien trop longue, à la vitesse où vont les choses nous nous lassons de tout, tout change sans cesse pour éloigner l'ennui, je ne veux rien retenir, accepter l'ennui afin de ne pas brouiller ma piste et ne plus empiéter sur celle des autres, tracer cette ligne d'un trait du temps qu'il reste et ne rien retenir. Vivre et voir vivre.

dimanche 2 décembre 2012

Les portes se sont ouvertes sur une part méconnue et intime, impensable, inconnue de lui-même, il se méconnaissait, il a cru devoir crier et accepte aujourd'hui l'idée de chuchoter, juste, quand il dit juste, c'est chuchoter juste et intimement en cherchant à se trouver, et, non plus à démontrer qu'il sait, la porte s'ouvre sur l'acceptation de l'irréalité pour les autres et pour lui-même de son réel et son affirmation. Voilà donc qu'enfin il ouvre la main pour caresser et accepte d'abandonner son corps au réconfort de la contemplation des failles et des crevasses que toute cette affirmation, presque cet endoctrinement de lui-même par lui-même, une maîtrise violente, de son réel protégeait de la part faible par peur des coups, car il a peur, il a toujours eu peur et aura toujours peur, plus des mêmes choses, mais d'autres viendront toujours le pousser à vouloir maîtriser et il devra s'en défendre. En ouvrant cette porte il a accepté que son chemin soit une succession de tentatives pour enfin ne pas être pour les autres, mais pour lui-même, pour enfin rencontrer les autres. C'est dans cette complexité qu'il va tenter de ne plus rien tenir, de ne plus maîtriser mais d'accepter la patience nécessaire au progrès. La porte, celle qu'il regardait depuis si longtemps comme une frontière, un impossible, s'est ouverte et il est entré ou plutôt  sorti de la colère qui le poussait pour commencer à aimer.