mercredi 5 décembre 2012
mardi 4 décembre 2012
lundi 3 décembre 2012
La question
Qu'avais-tu à demander, je n'ai pas entendu ta question, un moment de distraction peut-être, une indisponibilité, je n'entends plus ta voix mais une succession de sons issue de ta bouche qui articule, un grondement, inaudible dans le vacarme du bruit sourd de la peur qui accompagne le quotidien, je ne peux pas perdre le peu qu'il me reste, je ne t'entends pas parce que je mets tant d'énergie à ne pas glisser, tant d'énergie dans ce coups par coups, comme si nous nous baisions au jour le jour sans se souvenir des corps mélangés sur la scène, sans voir le sang qui gicle, des bites et des chattes au grand jour dans la purulence des champs de bataille, je ne t'entends pas, pourquoi tu te tais, tu n'aimes pas ces mots que j'utilise, mais ils résonnent tellement que je n'entends pas ta question, dans le rouleau du bout il y a des images assourdissantes, des cris de poésie, des bouches ouvertes, des poissons qui n'ont plus le courage de remonter le courant, je n'entends plus, l'éloignement, la dérive de l'énergie nécessaire à continuer ce que je n'avais pas encore fini, prendre soin de moi pour enfin prendre soin de toi, ils marchent dans les rues brandissant des panneaux gravés de slogan, il n'y a plus de révoltes parce que trop d'usures, je n'entends pas ta question parce que je cherche à sauver ma peau, je ne cherche pas à comprendre, je ne veux pas comprendre, je ne veux plus comprendre ta douleur, la mienne est trop forte pour arriver à considérer la tienne, et puis surtout c'est la mienne, elle m'appartient, mon étendard, le moteur de la colère excusable grâce à toute cette souffrance, bafoué sans inscrire, plus de tentatives, des constats stériles pour construire ma forteresse, mon lopin que j'encercle, ma propriété, il ne nous restera bientôt que cette colère pour continuer sur une ligne d'horizon chaotique au milieu des bombardements, je n'entends pas ta question mais je te demande de ne pas m'en vouloir de voir l'autre comme mon ennemi, la fracture de la haine, la délation refait surface, dénoncer pour ne pas être dénoncé, juger pour ne pas être jugé, pleurer de ces yeux aveugles à toutes ces images, à l'urgence de toute cette chair éparpillée, les êtres sont devenus une écharde dans le doigt du monde infecté par le profit, la douleur se répand comme une traînée de poudre, l'opulence et la prétention, objectif, à court terme, la vie se meurt dans la sauvegarde économique des valeurs futiles, nous avons perdu de vue l'indispensable, le liant, l'humanité nécessaire, je suis coupable comme tant d'autres de ne pas entendre ta question.
Les distances s'élargissent et je ne veux rien retenir. Aujourd'hui même la vie est bien trop longue, à la vitesse où vont les choses nous nous lassons de tout, tout change sans cesse pour éloigner l'ennui, je ne veux rien retenir, accepter l'ennui afin de ne pas brouiller ma piste et ne plus empiéter sur celle des autres, tracer cette ligne d'un trait du temps qu'il reste et ne rien retenir. Vivre et voir vivre.
dimanche 2 décembre 2012
Les portes se sont ouvertes sur une part méconnue et intime, impensable, inconnue de lui-même, il se méconnaissait, il a cru devoir crier et accepte aujourd'hui l'idée de chuchoter, juste, quand il dit juste, c'est chuchoter juste et intimement en cherchant à se trouver, et, non plus à démontrer qu'il sait, la porte s'ouvre sur l'acceptation de l'irréalité pour les autres et pour lui-même de son réel et son affirmation. Voilà donc qu'enfin il ouvre la main pour caresser et accepte d'abandonner son corps au réconfort de la contemplation des failles et des crevasses que toute cette affirmation, presque cet endoctrinement de lui-même par lui-même, une maîtrise violente, de son réel protégeait de la part faible par peur des coups, car il a peur, il a toujours eu peur et aura toujours peur, plus des mêmes choses, mais d'autres viendront toujours le pousser à vouloir maîtriser et il devra s'en défendre. En ouvrant cette porte il a accepté que son chemin soit une succession de tentatives pour enfin ne pas être pour les autres, mais pour lui-même, pour enfin rencontrer les autres. C'est dans cette complexité qu'il va tenter de ne plus rien tenir, de ne plus maîtriser mais d'accepter la patience nécessaire au progrès. La porte, celle qu'il regardait depuis si longtemps comme une frontière, un impossible, s'est ouverte et il est entré ou plutôt sorti de la colère qui le poussait pour commencer à aimer.
samedi 1 décembre 2012
mardi 20 novembre 2012
Etre venu, là, repartir, tu n'y étais pas, ou peut-être nous y étions, dans l'haleine soufflée je n'ai pas reconnu ton odeur, des sangliers fumant sur le bord des routes, une voix qui chante, des filets pas assez solide pour retenir, là, une ombre, un souvenir voilé, le manque parce que j'attendais que tu sois là, peut-être tu y étais mais ailleurs, là c'est où, peut-être juste à côté, une pointe, sèche comme ma bouche parce que j'ai peur, une nuit d'hiver, froide, le givre, les branches nues fragilisées et la course dans la forêt, pieds nus et blessés par le silex taillant, nous nous sommes ratés, mais t'avais-je bien regardé, je n'ai pas senti ton odeur, je ne reviendrai plus parce que je n'aime pas l'effort, le temps me manque, pas de retard inexpliqué.
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